Nom scientifique : Thea sinensis ( Linné ) Synonymes : Camellia sinensis, Camellia chinensis, Thea chinensis (Sims), Thea viridis, Camellia thea (Link),
Camellia theifera ( Griffith)
Famille : Theacées
Origine : Chine et sous-continent indien où il est cultivé depuis l'antiquité. le theier est un camélia connu en Europe depuis
le XVIIème siècle où divers essais infructueux de culture industrielle ont été tentés. Il est cultivé aussi au japon, à Ceylan (Sri Lanka), en Afrique, la Réunion,
Madagascar et dans le Caucase. Pendant l'entre-deux guerres, des essais de culture intensive du theier ont été conduites et réussies dans les colonie françaises d'Asie.
Introduction : l'usage du thé remonterait en Chine au VIème siècle avant JC. Les arabes l'ont ensuite fait connaître en
Europe à partir du XVIIème siècle. Puis ce sont les anglais qui l'ont largement cultivé et répandu.
Description : arbuste ou petit arbre ( jusqu'à 10 m. de haut à l'état sauvage.) très ramifié à port buissonnant. Certaines variétés ont l'écorce réticulée.
Feuillage : ovale, persistant, coriace, feuilles assez petites, dentées plus ou moins finement selon les variétés.
Floraison : blanche à coeur jaune, fleurs simples petites de 1 à 2 cm. de diamètre, faiblement odorantes mais avec de très nombreuses étamines jaunes du plus bel
effet. Autofertiles, elles apparaissent approximativement en juin et en octobre (selon le climat local) et peuvent cohabiter avec les graines en phase de mûrissement.
Fruits : verts, puis marrons, coque assez dure d'environ 3 cm de diamètre, qui, à maturité, s'ouvre toute seule pour laisser tomber de 1 à 3 graines.
Récolte : dans les pays de culture industrielle, la récolte se fait plusieurs fois par an, sitôt les feuilles repoussées. En Europe tempérée et dès l'âge de trois
ans, on peut espérer une récolte en juin et une fin août (selon le climat du lieu de plantation). La récolte de votre thé se fera le matin en coupant la feuille
à mi-pétiole pour préserver le bourgeon à la base du pétiole (meilleure repousse) et on séchera les feuilles à l'ombre. On ne prend normalement que les trois première feuilles,
les feuilles plus âgées donnent un thé moins aromatique, plus astringent et amer. Après la récolte, on cessera d'arroser le feuillage du théier pendant deux jours pour éviter l'implantation de
maladies cryptogamiques sur les cicatrices du pétiole.
Autres variétés : il existe une infinité de variétés liées à des terroirs et des habitudes de consommation. Il faut bien noter que tous les thés que l'on trouve
dans le commerce viennent de Camellia sinensis; toutes les différences de texture, d'aspect et de goût viennent des traitements après récolte (fermentation, roulage,
chauffage...). Le cultivar " Assam " est adapté aux climats chauds alors que le cultivar " Chine " convient mieux aux climats froids.
Utilisations : outre l'attrait de son feuillage et de sa floraison, il est cultivé à très grande échelle dans toute l'Asie. C'est en général le bourgeon terminal,
accompagné des deux feuilles suivantes ( 2-3 cm.) qui sont cueillis puis séchés. Il existe un grand nombre de cultivars qui, associés à un terroir et une exposition
particuliers, donnent au thé son arôme. Les divers procédés de séchage et de fermentation, rentrent aussi en ligne de compte pour l'obtention d'une qualité
particulière de thé. Sans entrer dans tous ces raffinements, il est très facile en pleine période de croissance, de cueillir les plus jeunes feuilles, de
les faire sécher et les utiliser en infusion, toujours délicieuse, puisqu'il s'agit de sa propre production ! Propriété excitantes, contient entre autres des
tanins, et de la théine (caféine).
Résistance au froid : La variété Kolkhida originaire de Géorgie résiste à -15°c pour un sujet adulte qui est en pleine terre depuis de nombreuses années.
Même dans ce cas, le feuillage s'abîme à partir de - 8°c, surtout s'il y a de la neige sur le feuillage (elle fait plus de dégâts que le froid sec ). Cultivé en pot, le
théier doit être protégé l'hiver de crainte que ses racines gèlent en profondeur.
D'origine tropicale, le theier craint les extrêmes climatiques; au XIXème siècle, le théier était considéré comme une plante d'orangerie à abriter l'hiver sous le climat
parisien. Le climat idéal pour cultiver le theier se situe sur
le littoral atlantique entre Hendaye et Brest. Il peut exister ailleurs des micro-climats favorables, mais souvent il faudra compenser par l'ombrage et la brumisation.
Le théier est une plante de climat très tempéré : la moyenne des
températures doit tourner autour de 20 degrés avec des variations les plus faibles possibles. C'est pour cette raison que sous les climats tropicaux, les théiers sont
cultivés en altitude. Pour notre part nous cultivons tous nos théiers en grands pots que nous conservons en serre hors-gel l'hiver et que nous abritons au frais
sous les arbres entre mai et octobre.
Nature du terrain : le théier doit pousser en sol acide et bien aéré, perméable et humifère. Les terrains basaltiques ou détritiques (granit décomposé) lui conviennent
particulièrement bien. La présence de calcaire amène irrémédiablement la plante à se chloroser et à dépérir.
On peut contourner ce problème par l'usage de chélate de fer dans l'eau d'arrosage et en effectuant la plantation en ( grande ) fosse garnie
de terre de bruyère, de
tourbe ou mieux, avec un compost bien décomposé (feuilles ou déchets de cuisine et jardin). Le théier peut être cultivé en pot, utiliser alors le même mélange que pour la pleine terre et rempoter lorsque les racines sont
trop à l'étroit dans le pot.
Exposition : Le théier aime la lumière mais pas le plein soleil aux heures chaudes, il aime le plein air mais pas le vent. Nos pieds-mère de theier passent la
saison chaude en bord de rivière sous de grands aulnes qui les protègent.
Besoins en eau : ils sont importants; le théier aime les précipitations importantes (1500mm) et surtout régulières.
Il faut savoir que les eaux calcaires contribuent à l'apparition de la chlorose; les arrosages de votre theier se feront donc impérativement à
l'eau de pluie. En plein été, il ne faut pas hésiter à bassiner le feuillage plusieurs fois par jour. La plante appréciera une humidité atmosphérique élevée et au
pied du theier, un paillage léger sera le bienvenu.
En Inde et en Chine, le théier est cultivé dans les régions montagneuses assez fraîches où les précipitations sont réparties régulièrement tout au long de l'année.
Taille : elle est utile pour charpenter le tronc des jeunes plants dont la pousse (rapide en climat chaud et humide) fait ployer la tige. En culture industrielle, les theiers sont maintenus
à touche-touche
en buissons de 1 m de haut pour faciliter la cueillette des feuilles (de loin, on dirait de gigantesques chenilles). Au jardin d'agrément,
tailler après la floraison selon la forme souhaitée .
Multiplication : on peut multiplier le théier dans la tourbe tamisée par boutures semi-aoûtées ou aoûtées et par semis de graines fraîches. On met la graine en
terre à 2 centimètres de profondeur,
marque (micropyle) vers le bas. Semis et boutures sont à garder au chaud (20°), à l'ombre et à l'humidité;
les graines peuvent mettre plusieurs mois à lever. Le greffage n'est utile que dans les pépinières où sont élevés les pieds-mère de theiers qui produisent les
jeunes plants pour les cultures industrielles de thé.
Fertilisation : engrais pour plantes fleuries avec magnésie et oligo-éléments. A noter que les engrais à base de fumier ou de lombricompost sont souvent très
alcalins et à proscrire. Il faut utiliser des formules spéciales pour plantes de terre de bruyère et camélias qui ne contiennent pas de calcium (N16, P8, K12).
Une fertilisation organique (sang séché, corne torréfiée) peut aussi être utilisée. La présence de chlorose indique souvent un blocage de l'assimilation des
oligo-éléments, on peut y remédier en traitant au chélate de fer.
Ennemis : pas d'ennemi spécifique, mais des maladies cryptogamiques peuvent apparaître, les traiter alors avec un antifongique. Sur les jeunes pousses de sujets élevés en serre, des pucerons peuvent apparaître. Les larves de l'otiorrhynque peuvent attaquer les racines, on les élimine à l'aide de nématodes (prédateurs spécifiques) disponibles en jardinerie.
On distingue deux grandes catégories de thé, issues de la même variété de theier :
- Le thé vert
- Le thé noir
Le thé vert est un thé non fermenté. Il est flétri à la vapeur (ou naturellement pendant quelques heures) puis les feuilles sont roulées à la main et séchées
à haute température (90 degrés). Le thé vert est astringent et contient moins de caféine que les thés noirs; c'est en effet la fermentation qui atténue l'astringence,
renforce la théine (caféine) et développe les arômes.
Le thé noir est un thé fermenté. La fermentation adoucit l'astringence, élabore la caféine, transforme les tanins, développe les arômes et les huiles essentielles. La première opération est le flétrissage,
on étale en couche
mince les feuilles de thé et on les laisse à l'ombre (une vingtaine d'heures) perdre une partie de leur eau. La feuille de thé se flétrit et surtout le flétrissage permet l'élaboration des
enzymes qui vont diriger la fermentation. Les feuilles de thé flétries sont ensuite roulée (30 minutes environ) plusieurs fois dans la paume de la main (tradition)
ou en machine (industrie). Cette opération a pour but de casser les parois des cellules et de mettre en contact enzymes et sucs à transformer. La fermentation a lieu en
couche mince et humide à 25 degrés et dure quelques heures. C'est à l'oeil qu'on l'arrête quand les feuilles de thé ont acquis une belle couleur bronze. C'est bien sûr
la phase la plus délicate de la transformation des feuilles de thé; tout est dans le savoir-faire et le coup de main. La fermentation terminée, on dessèche les feuilles
à 90 degrés;
une feuille sèche est une feuille qui craque sous le doigt.
Le thé oolong est un thé intermédiaire entre le thé noir et le thé vert, en plus des opérations normales du thé vert, il a subit une légère fermentation sur
les bords.
Le thé blanc est une mode récente. On ne le trouve normalement pas dans le commerce, c'est un thé vert qui n'a même pas subit de flétrissage.
On ne récolte que la première feuille et le bourgeon. (Attention, le bourgeon est très fin et cylindrique). Aussitôt cueilli, aussitôt séché ! On comprend tout de
suite que c'est le thé le plus facile à élaborer pour un amateur qui cultive ses quelques théiers. Il est appelé
thé blanc à cause des poils blancs qui recouvrent les très jeunes feuilles. Le thé blanc, que certains estiment le plus délicat des thés, présente en plus la
particularité de s'infuser à basse température (70 degrés) pendant une dizaine de minutes.
On parfume les thés d'une infinité de manières : les feuilles peuvent être séchée au dessus d'un feu (thé fumé); parfumée de fleurs (thé au jasmin sambac, thé à la fleur
d'oranger); des zestes d'agrumes, d'étoiles de badiane, de feuilles aromatiques (menthe); on peut le colorer ou y ajouter des substances diverses (thé au caramel).
Le tchai est un thé aromatisé aux épices.