Fruits du murier blanc
Nom scientifique : Morus alba (Linné)
Famille : Moracées
Origine : le murier blanc serait originaire, d'après les botanistes du XIXème siècle de la zone Chine,
Inde, Japon.
Introduction : le mûrier blanc aurait progressé vers l'Occident en même temps que la soie par
l'intermédiaire des caravanes qui acheminaient les épices et les tissus précieux. Cette progression vers l'ouest
aurait duré du IIème siècle au XIIIème siècle.
Description : le murier blanc est un bel arbre au port pyramidal qui peut atteindre une quinzaine de mètres.
Feuillage : les feuilles de murier blanc sont caduques, cordiformes et plus ou moins dentelées selon le
cultivar. Contrairement aux feuilles du murier noir, elles sont tendres et glabres ce qui explique leur prédominance pour
nourrir le ver à soie. Les feuilles de murier sont très polymorphes; on va rencontrer, selon les lieux, des muriers
blancs avec des feuilles profondément échancrées et d'autres avec des feuilles modestement dentelées. A la cassure,
les tiges et les feuilles laissent échapper une sève laiteuse et collante (latex). Le feuillage est abondant et donne
une ombre très dense.
Floraison : elle a lieu en avril-mai; ce n'est pas l'attrait principal du mûrier blanc, ces fleurs qui ressemblent un peu à des chatons ne
sont pas spectaculaires. Le murier blanc porte à la fois des fleurs mâles et femelles; il est autofertile.
Fruits : les mures apparaissent en juin-juillet (selon le climat local); elles peuvent atteindre la taille
d'un pouce d'enfant et ne doivent pas être confondues avec les fruits des ronces sauvages de nos contrées.
A maturité, les mures sont juteuses, très sucrées, d'une saveur douce bien typée. Leur couleur est d'un blanc laiteux avec des nuances
rosées-pourpres plus ou moins marquées. On les consomme fraîches ou bien encore en gelée ou en sirop.
Récolte : les fruits sont récoltés à maturité, l'idéal est de maintenir sous l'arbre un sol parfaitement tondu,
les fruits mûrs y tombent sans se salir et on peut aisément les ramasser. Si on élève des vers à soie, ce sont les
feuilles que l'on récolte dès qu'elles atteignent la taille de la main. L'arbre destiné à la production de
feuilles ne sera pas conduit en haute tige, mais en haie basse pour des raisons évidentes de facilité de cueillette.
Autres variétés : on trouve principalement le murier noir Morus nigra qui est cultivé pour ses fruits dont il
existe de nombreux cultivars et le Morus rubra, originaire d'Amérique du nord, (Missouri). A côté de ces espèces utiles,
on trouve maintenant de nombreuses variétés horticoles destinées à faire des arbres d'alignement; les jardins des pavillons
et les parkings en sont les principaux utilisateurs. Autre variété cultivée en Chine depuis la nuit des temps : le
murier à papier, Morus papyrifera. C'est l'écorce cette fois-ci qui est utilisée et donne un papier d'une qualité remarquable.
Utilisations : mis à part sont effet ornemental (notable quand même pour son feuillage magnifique, jaune et
doré en automne), le murier blanc est cultivé depuis de milliers d'années
pour nourrir les chenilles du Bombyx mori, le ver à soie. Ici ou là, on le cultive pour en récolter les fruits et dans
toute la Gasgogne et le sud-ouest où les magnaneries familliales étaient nombreuses jusqu'en 1914, on le plante traditionnellement au milieu des poulaillers où les fruits
sont très appréciés de la volaille. Les petits oiseaux aiment bien les fruits, eux aussi, mais la production est
tellement abondante... Le bois du murier est très dur, très dense avec des couleurs et des veinures
remarquables qui en font un bois recherché en marquetterie. Dans le sud-ouest de la France, on commence à le planter
comme arbre de rapport pour le bois. Les turcs se sont fait une spécialité des fruits séchés du murier blanc dont
ils sont les principaux producteurs. On peut trouver quelquefois ces barquettes de mûres séchées dans les épiceries
turques.
Résistance au froid-Rusticité : bien qu'originaire des régions les plus tempérées, le murier blanc pousse
bien chez nous, grosso modo dans la même aire que la vigne. Lors de grands froids, les extrémités les plus minces des
rameaux peuvent geler mais les bourgeons repartent sur toute la ramure. Les sujets adultes résistent sans problème à -10°/-15°
Nature du terrain : le mûrier pousse bien en tous terrains.
Exposition : plein soleil, éviter les zones balayées l'hiver par des vents glacés.
Besoins en eau : le murier du ver à soie est gros consommateur d'eau, mais rassurez-vous,
à part la première année où il faudra l'aider à s'enraciner par des arrosages abondants (comme tous les jeunes
arbres), vous n'aurez pas à vous inquiéter de l'arrosage des muriers adultes. Le système racinaire des muriers est
tellement puissant qu'il ira chercher l'eau là où elle est, même très loin. C'est donc un arbre à éloigner des
constructions !
Taille : si vous élevez le ver à soie, taillez votre murier dès la plantation en haie basse de façon à n'avoir
qu'à étendre la main pour récolter les feuilles. La saison des vers à soie finie, le murier continue de pousser,
traitez-le alors comme une haie et tondez-le au taille-haie avant qu'il ne fasse des branches trop dures. Le murier
est très vigoureux avec un feuillage très abondant. Si vous voulez un bel arbre de plein vent, agissez comme pour un
pommier en formant une tige et en aérant l'intérieur de la ramure pour former un gobelet.
Multiplication : le murier du ver à soie se multiplie par marcottage éventuellement; aussi par boutures
semi-lignifiées (en juillet), mais surtout par semis de graines fraîches. Le semis fera bien sûr apparaître le
polymorphisme propre au genre morus, alors que le bouturage conserve toutes les caractéristiques du pied-mère, mais
au, fil du temps, il apprauvrit le patrimoine génétique de la plante.
Fertilisation : un engrais universel de type 17.17.17 déposé au fond du trou (pas en contact avec les racines)
au moment de la plantation convient bien au murier blanc, que la plantation soit destinée à la feuille pour nourrir
le ver à soie ou pour produire des mures.
Ennemis : les tous jeunes plants de quelques centimètres de haut sont un met de choix pour les escargots et
les limaces. Dans certaines contrées, des cicadelles peuvent trouer les feuilles, mais sans conséquences.